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mardi 8 novembre 2016

Styliser la nature ou concevoir une nature stylisée ?

That is THE question ! ;)

Bon nombre de paysagistes contemporains cherchent à refléter la nature de façon stylisée. Ils réalisent des conceptions de plantations basées sur des entremêlements savamment agencés et combinés. Ces agencements peuvent même aller jusqu’à créer des  écosystèmes nouveaux et inédits associant des espèces indigènes et exotiques.

Ces concepts de plantations pourraient aussi être orientés de façon à renforcer, enjoliver et structurer (au sens paysager) l’écosystème déjà implanté sur un site.  Se servir des plantations en place comme base de design est une idée.

La majeure partie des créations ré-exploitent cette végétation locale (indigene ou exotique) déjà en place en  réintégrant ces espèces dans leurs plans de plantations. Ce type de conception même si elle tient compte des spécificités de la flore locale reste destructrice. Les écosystèmes spontanés en place seront bien souvent détruit même si bon nombre d’espèces végétales qui les composent seront réutilisés dans les plans de plantations.
Au lieu de se servir de cette 
végétation locale comme élément de sélections d’espèces, pourquoi ne pas styliser la nature au lieu de chercher à re-créer une nature stylisée.

C’est à dire, pourquoi ne pas utiliser et garder des “tâches” de végétation spontanée déjà en place comme base de conception en les complétant par des associations végétales permettant d’en renforcer leur potentiel écologique et paysager (esthétique) ?

Un zoom sur un massif où le Geum était déjà présent. Les fougères et les bruyères ont été planté à ses côtés.


dimanche 6 novembre 2016

Un massif en façade: de l'esquisse à la réalité

Creation d'un massif "expérimental" le long d'une façade exposée plein sud (mais dans les hauts de France).

Avec à première vue un sol peu accueillant pour les végétaux (allée en enduit gravillonné, terre sablonneuse et sèche,...)

L'enjeu était de taille : créer un massif d'allure spontanée avec un aspect libre voir légèrement sauvage. 

"L'expérimentation" c'est portée principalement sur la capacité à créer un massif en exploitant uniquement potentiel du sol présent sans chercher à l'améliorer. 

Ce qui pouvait donc apparaître comme des inconvénients serait traité comme un atout. 
L'enduit gravillonné serai un milieu au top pour des végétaux de rocailles comme les sedums. 
Et l'espace disposant d'une terre pauvre assez sableuse serait semé d'un mélange de plantes souvent utilisées comme engrais vert ; auquel des bulbes à floraison printanière seraient joints.

L'avantage de pas intervenir sur la nature du sol a aussi été un très gros gain de temps. Cela a aussi permis d'éviter quelques coûts supplémentaires.

Le choix de semer une partie des végétaux à permis de créer un effet spontanéité qui n'aurait peut-être par été aussi marqué si le choix de planter l'integralité des végétaux avait été retenu. 

Voici l'une des premieres esquisses :


Quelques mois après la plantation confrontation de la réalité à l'esquisse :


Photos des deux zones :


    




samedi 5 novembre 2016

Le jardin naturaliste n'est pas un oxymore !

Dans un de ses articles sur la sémantique des termes “plantations naturalistes” Michael King indique que “Trois choses distinguent les programmes de plantation contemporains de ce qui a précédé:  contenu, la forme et l’intention”.
Puis il conclu en disant que “Le style actuel de la plantation pérenne est rien de plus qu’une réponse à ce qui est devenu une affirmation de bonnes pratiques dans la pensée contemporaine: respect de la nature, faible impact sur l’environnement, la faune et éco … .La seule chose que ces styles ne sont pas est naturel […].”

Je ne suis pas d’accord avec son interprétation. A mon sens la seule chose que les plantations naturalistes ne sont pas c’est: spontanées.

Un ruisseau qui semble ultra naturel et pourtant... il est totalement "artificielle" dans sa conception. Photo AD La Bambouseraie de Prafrance (France - Gard - 30)


Les plantations naturalistes dans leurs formes les plus abouties se montrent être particulièrement naturelles voir sauvages. Dans leur gestion l’intervention humaine y est réduite à sa plus simple expression, le but étant que la communauté végétale ainsi créée s’auto-regules naturellement tout en gardant ces qualités esthétiques.
Les jardins naturalistes contemporains s’orientent donc de plus en plus vers la construction d’une nouvelle nature. Grâce à la création d’associations végétales nouvelles qui ne se seraient probablement jamais créées de manière spontanée.
Ces nouvelles associations mêlant indigènes et exotiques arrivent  à s’inscrire dans des processus d’équilibre et des dynamiques d’évolution (relevant de phénomènes naturels) dont le fonctionnement se trouve être tout aussi “stable” qu’une prairie naturelle/sauvage.

La seule chose qui n’est pas naturel dans les nouvelles plantations naturalistes c’est que leurs implantations et leurs compositions relèvent de choix de concepteurs et non d’un hasard spontané. 

Dans le style naturaliste actuel, Il ne s’agit peut être pas que de créer un idéal de nature magnifiée aux vertus écologiques, économiques, psychologique (bien être récréatif),….

Il peut aussi s’agir de prendre part à la nature et de créer des écosystèmes nouveaux avec des espèces indigènes et exotiques qui s’ajustent les unes aux autres.
La ligne directrice intrinsèque des plantations naturalistes deviendra peut être à terme un processus paysager d’enrichissement de la biodiversité.
Pourquoi ne pas envisager le jardin naturaliste comme un mouvement menant à l’aire post-sauvage , au lieu d'y voir un oxymore ?